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Loss

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Elena Wuthering
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MessageSujet: Loss   Sam 21 Juin - 9:10

At the temple, there is a poem called "Loss", carved into the stone.
It has three words, but the poet has scratched them out.
You cannot read "Loss"... Only feel it.
[ Memoirs of a Geisha ]

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Samuel Johnson
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MessageSujet: Re: Loss   Sam 21 Juin - 11:48

    Une soirée. Une douce soirée. Mais malgré ceci, il y a quelque chose de mélancolique dans l'air. Comme une tension qui ne tombe pas. Cette sensation, Samuel la sent parfaitement. La vie du Nasteen est plus que mouvementée en ce moment. Depuis " l'incident ", une personne occupe étrangement trop souvent l'esprit du 6eme année. Joshua Thacker, le professeur de défense contre les forces du mal de Malwen. Samuel se connait par coeur, il sait que le professeur lui a toujours plu. Et leurs petits moments passés ensemble ne fait que renforcer l'idée du Nasteen. mais voilà, depuis quelques temps, ce sentiment semble évoluer.. En plus intense ? Samuel ne peut pas y croire, ou plutôt il ne veut pas.

    Décidé à se changer les idées, le jeune homme qui flânait à travers le château se décide à aller à la salle de musique. Ce lieu est le meilleur endroit pour Samuel de se détendre. Jouer, juste quelques notes de piano. Ah, si vous saviez comme il aime ça, toucher l'instrument du bout de ses doigts et entendre les notes parfaitement coordonnées remplir l'espace. Et oui, dans l'ensemble, il aime bien contrôler les choses notre Samuel. Arrivant enfin au deuxième étage et dans le bon couloir, le jeune homme pose tranquillement sa main sur la poignet. Aurait-il dû en parler à Cyll ? Depuis sa réconciliation avec la jeune Nasteen, il n'avait pas vraiment eu le temps de jouer en duo avec elle. Mais bon, ce soir, il avait envi d'un peu de solitude. Cet air lourd qui l'entourait le pesé.

    Entrant avec légèreté dans la pièce, Samuel prit soin de refermer la porte derrière lui après avoir jeté un rapide coup d'oeil dans la pièce. Vide. Parfait. S'étirant, il se dirigea directement vers le piano. Celui de Malwen, étant magique, avait la particularité de se réaccorder dès que quelqu'un avait finis de jouer. C'était une chose que Samuel avait toujours beaucoup apprécié. Cela évitait des complications. Prenant soin de s'assoir sur le siège, Samuel l'ajusta à sa taille et posa ses doigts sur les touches. Il resta quelques secondes, ainsi, sans bouger. Il avait besoin d'être calme si il voulait parfaitement jouer. Inspirant un grand coup, le Nasteen entreprit une mélodie qui trainait dans sa tête depuis quelques temps. Les notes commencèrent à s'éparpiller dans la pièce. La musique était douce, terriblement calme.. Mais tellement mélancolique à la fois. Samuel jouait avec agilité, ses doigts passant d'une touche à une autre. ( Pour info, la musique jouait est l'accompagnement au piano de la chanson My Immortal de Evanescence ).

    Le brun se perdit lui même à travers sa musique. Le visage de Samuel n'affichait aucun sentiments heureux. Et pourtant, au fond de lui même, le Nasteen se sentit apaisé. Mais soudain, une présence nouvelle arriva dans la pièce. Mince, quelqu'un venait d'entrée. La tranquillité de Samuel fut en quelque sort rompu. Il sentit de l'air s'engouffrer dans son dos. Mais il ne s'arrêta pas. Le Nasteen continua de jouer, tout en gardant le silence. Cette personne qui venait d'arriver, pour le moment, il se fichait de savoir qui c'était. Il voulait encore profiter un petit peu de cette magnifique mélodie qu'il jouait instinctivement..

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Elena Wuthering
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MessageSujet: Re: Loss   Sam 21 Juin - 18:22

Le crépuscule. Ce mélange de bleu, de rouge et de noir, cet indigo à peine prononcé et cette pâleur déconcertante. Cet air doux, qui semble avoir pour maître mot la mélancolie. C'est comme ça que le jour finit, avec un arrière-goût de fin, de pas assez. Le soleil s'en va, abandonne, un peu mortifié par la beauté du soir qui tombe. Ca recommence à chaque fois, il ne s'est pas encore habitué à la fuite forcée qu'il doit subir... Il décline. Connaissez-vous un mot plus doux, plus triste que le verbe "décliner" ? Son occlusive, adoucie par la liquide qui la suit, semble chargée de nostalgie. La nuit, compréhensive, garde sous son ciel sombre cette impression, et le soleil s'en va, libéré, à l'autre bout du monde, réchauffer d'autres coeurs.

Elena avait fermé les yeux, tout son longs corps étendu sur l'herbe. A croire qu'elle passait son temps à l'extérieur et ne pouvait supporter de demeurer prisonnière de quatre murs... Ce qui n'était pas tout à fait faux. Goûtant un instant de parfaite paisibilité, apaisée par le parfum qui monte de l'herbe, le parfum de la nuit, Elena paraissait une apparition, une fée peut-être, l'une de ces créatures qui n'apparaissent qu'au crépuscule, le corps à peine voilé de ces tissus aux blancheurs éclatantes. Une fée pure à la peau couleur de crépuscule. Ce moment était le seul où Elena Wuthering et toute notion de pureté n'étaient pas absolument opposées. Cela paraissait sans doute étrange : cette fille au corps de femme, si détachée de la réalité, qui avait choisi avec tant de soin l'emplacement où elle se tiendrait ce soir. Mais ce n'était qu'un passage dans la réalité, à peine un sursaut de sa conscience d'être humain. A présent, elle sentait l'herbe lui caresser la peau et le parfum lui emplir la tête d'une brume pâle et agréable. Quelque chose en elle chantait un air ancien, des voix hautes et solennelles qui s'élevaient, puis une voix douce, si forte, si belle. La brune danseuse, contemplant la nuit qui se cachait derrière ses cils, ne savait plus si elle avait les yeux clos ou non, et ne se le demandait pas. Le ciel était juste assez obscur pour que la lune se montre, timide mais bien présente.
Et puis, devant la lune, une ombre. Une ombre qui descendait vers elle, des ailes déployées. Elena crut à un ange, à un dieu païen venu célébrer leurs noces. Mais non. Tout son corps tressaillit lorsqu'un nouveau contact s'offrit à elle, celui de quelque chose de léger qui tombait sur son ventre presque dénudé. Elle se redressa, prenant appui sur les coudes, avec l'impression de devoir quitter un rêve qui lui était cher. C'était une enveloppe. Non, songeait-elle, une enveloppe apporte une lettre, et une lettre apporte des nouvelles du monde.
Des nouvelles, le liserai noir sur le bord, à peine marqué.
Le ciel était encore clair, et sa vue était parfaitement bonne. Ses longts doigts bruns décachetèrent l'enveloppe, déplièrent le morceau de papier qu'elle contenait.

Ma petite Elena,
Ce que j'ai à t'annoncer n'est pas facile. Tu as subi très jeune la mort de ton père, Julien, mon frère.


Cela suffit. Elle savait, ne s'en rendit pas compte. C'était Cathy qui lui écrivait, sa tante Cathy, dont elle conservait toujours le souvenir : un talent de danseuse et de chorégraphe, des vêtements excentriques et un amour passionné pour la musique et son entourage.

J'en étais venue à beaucoup aimer ta mère, nous étions devenues soeurs grâce à notre Julien.

"Notre"... Anshula avait raconté en riant à sa fille que Cathy avait été particulièrement jalouse d'elle lorsque Julien était parti vivre à ses côtés. Finalement, elle avait partagé l'engouement de son cadet pour cette Indienne au teint doré et aux yeux trop sombres. Puis pour leur fille, à qui elle avait appris la danse.

Elle va me manquer, Elena, elle va nous manquer à tous. Elle est morte, tu sais.

Morte.

Elena laissa tomber la lettre. Ses yeux avaient confusément noté que la lettre ne s'arrêtait pas là, qu'il y avait encore bien d'autres lignes. Mais ils n'avaient plus le courage de les lire. Le mot les avait frappé, avait frappé Elena toute entière. Morte. Anshula. Sa mère. Morte.

Morte. Elle ne comprenait pas. Ce mot ne voulait rien dire, rien, puisqu'Anshula ne pouvait pas mourir. Anshula était immortelle, Anshula avait survécu à la mort de Julien, Anshula était sa mère.

Le coeur d'Elena crut abandonner. Alors, puisque l'âme lâchait, le corps prit la relève. Les jambes de la danseuse coururent. Vite, loin, elles couraient, emportant leur porteuse loin de ce si funeste message. Mais il n'y avait nulle part où elle pourrait oublier. Pendant longtemps, durant toute sa course, la conscience de la jeune fille fut mise en état de veille. Ce n'était pas un état second, pas cet état de somnolence ou de folie dans lequel les parfums la plongeaient, non. Elle ne sentait, ne ressentait plus rien. Elle courait.
Elle ne sentit pas l'herbe se coucher sous le martèlement de pieds, le vent s'engouffrer dans ses cheveux, à travers les voiles blanchâtres passés autour d'elle. Elle n'entendit pas les chants des oiseaux, ni celui du hibou messager qui alla récupérer la lettre pour aller, intelligent et sensible, la déposer dans son dortoir, sur sa table de chevet. Elle ne respira pas l'air frais, empli de douceur, du soir. Elle ne savait pas qu'elle courait. Elle croyait être étendue, quelque part, n'importe où, se noyer peut-être, mais elle ne souffrit pas du manque d'oxygène. Plus aucune musique ne résonnait à ses oreilles. Elle courut longtemps.
Elle dépassa des gens, qui la regardèrent disparaître loin d'eux et qu'elle ne vit pas. Elle dépassa des amoureux enlacés, qui ne lui prêtèrent pas plus d'attention qu'elle n'en eut pour eux. Elle dépassa des buissons, des arbres, des animaux et des odeurs sans jamais s'arrêter. Elle dépassa même la porte du Hall de Malwen.
Et puis son corps lâcha à son tour.
Titubante, elle faillit s'écrouler devant le grand escalier. Elle ne reprit qu'à ce moment conscience qu'elle était encore vivante. Vivante ? Pourquoi ? Avait-ce vraiment de l'importance ? Son père était déjà mort, sa mère venait de le rejoindre. Sans y prêter attention, se réenfermant dans le grand vide plein de ténèbre derrière son front, elle laissa ses jambes reprendre le contrôle après avoir calmé sa respiration. Les deux pieds dorés, parés de bracelets colorés qui détonnaient sur sa tunique blanche, gravirent un étage, deux, s'arrêtèrent, poussèrent une porte. N'importe laquelle.

La musique. A quoi servait la musique ? Du piano. Les notes s'insinuaient lentement, se frayaient un chemin entre les murs de désespoir fortifiés par l'adolescente. Une mélodie. Quelqu'un jouait. Ses yeux retrouvaient peu à peu le don de vision, elle regarda autour d'elle. Elle eut du mal, à travers le brouillard dans lequel elle flottait, à identifier le lieu. Y parvint après quelques efforts. La salle de Musique. Quelqu'un jouait du piano. Son esprit fonctionnait presque malgré elle. Elle tourna son regard sombre, dénué de volonté, vers l'instrument, majestueusement posé dans un coin. Reconnu la personne qui jouait.
Elle poussa un léger cri, Non !, tourna les talons comme pour s'enfuir.
Pourquoi ? Ce garçon avait-il quelque chose de spécial ? Non, bien sûr. Mais malgré tout, peut-être que l'air aurait pu être imaginé. Mais il y avait bien quelqu'un, ses doigts déposés sur les touches, voletant au gré de la musique, semblant presque la suivre et non la créer. Elle atteignit la porte, trébucha. Elle avait récupéré assez de forces pour maudire son corps encore faible. Elle se releva, trop tard.
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MessageSujet: Re: Loss   Dim 22 Juin - 12:05

    Samuel continuait à jouer, égoïstement, sans se soucier de cette personne qui se trouvait derrière lui. Il voulait rester dans ce monde qu'il créait de ses propres mains, dans cette ambiance mélancolique qu'il dirigeait avec soin. Juste un peu, juste encore un peu. Il aimait tant jouer, c'était un réel plaisir pour lui. Jamais au grand jamais il n'aurai accepté de faire une fausse note. Il ne veut pas décevoir ce " public " qui se tient derrière lui. Enfermé dans sa bulle, le Nasteen oublie tout. Il fait ce qu'il aime, un point c'est tout. Ce n'est pas dans l'attitude de Samuel d'être ainsi, mais aujourd'hui, il a envi de penser seulement à lui un peu. Car il y a trop de chose dans son esprit, trop de questions qu'il se pose. Trop de personnes dans sa tête. Il veut être seul, juste quelques instants. Es-ce trop demandait ?

    La musique remplie la salle de musique qui n'est pas si grande que ça. Cette mélodie si triste, et pourtant loin d'être pesante. Samuel apprécie, il se permet de fermer quelques secondes ses yeux derrière ses lunettes pour écouter l'écho des notes contre les murs de la pièce. Puis, il se rappel que quelqu'un se tient derrière lui. Au final, quelques minutes à peine se sont écoulées depuis l'entrée de cet inconnu. Samuel le trouve bien silencieux. Mais pour autant, le Nasteen ne s'arrête pas de jouer. Enfin, pour le moment.

    Car derrière lui, il entend un léger cri. Se stoppant net, Samuel soulève ses doigts pour qu'ils ne touchent plus aucunes touches, interrompant ainsi la mélodie d'une façon bien violente. Puis, le Nasteen fait volte face. Et quel ne fut pas sa surprise en reconnaissant de dos la belle Indienne de Cohary. Elena semblait vouloir s'enfuir vers la sortie. Samuel, interloqué, se lève d'un bon et se retrouve près de la jeune fille en 1/4 de seconde. Il est rapide. Il coupe à moitié la route à la Cohary, mais celle-ci au final trébuche. Cherchant à vouloir l'aider, Samuel a un air perplexe. Pourquoi diable Elena comptait-elle s'enfuir ? Le Nasteen prit la décision de ne pas rester silencieux une seconde plus.


" Elena ? Pourquoi t'enfuis-tu ? "

    L'air perplexe du jeune homme s'assoupit peu à peu sur son visage. De ses yeux noirs, Samuel regarde son amie. Cela faisait un petit moment qu'il n'avait pas vu la Cohary. Il se demande bien ce qu'elle a, et oui, Samuel s'inquiète. C'est dans sa nature de se faire du soucis pour les gens qu'il apprécie. Le parfait exemple est Cyll, qu'il protège comme un vrai grand-frère. Bien sur, le Nasteen n'affirmera jamais officiellement son inquiétude. Il préfère cacher ses sentiments derrière des actions. Mais bon, pour le moment, il ne cherche pas à cacher quoique ce soit. Il connait Elena, même si elle est bien différente de lui. Samuel a pour habitude de regarder toujours la réalité en face, alors que la jeune fille elle préfère vivre à travers des rêveries. Chacun sa personnalité me direz-vous. Mais justement, c'est ce côté rêveur chez Elena qui a toujours attiré Samuel. Car oui, l'espèce humaine est comme ça. On aime toujours chez les autres ce qu'on ne possède pas, cette certaine différence comme on dit.

    Mais revenons au sujet principal, je m'égare là. Samuel croisa le regard sombre, bien trop sombre à son goût de la Cohary. Il s'était passé quelque chose, c'était certain. Fronçant légèrement les sourcils, le visage de Samuel s'adoucit. Avec Elena, il était simple. Il gardait rarement ce visage sans émotion qu'il affichait en temps normal. Posant sa main droite sur l'épaule gauche de la jeune fille, Samuel lui demanda dans un murmure.


" Elena.. Qu'es-ce qui s'est passé ? "
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MessageSujet: Re: Loss   Lun 23 Juin - 9:35

Elle avait trébuché. Pourquoi ? Tout son corps, si faible. Elle ne le contrôlait plus, et sa conscience oscillait entre présence et absence. Les perceptions de ses sens, d'ordinaire exceptionnellement développées, étaient comme étouffées par toute cette souffrance qui se déversait à torrent en elle. Cela bouillonnait à l'intérieur, c'était brûlant, ses joues trop chaudes, de même que son front, et son corps dont la température semblait monter à chaque seconde tremblait convulsivement.
La mélodie qui s'était arrêtée net. Non, continue, c'était joli tu sais, c'est doux, les notes froides qui tombent sur le front, la pluie fraîche, encore, la pluie qui purifie, qui vide, encore...

Elle était à terre, à présent, elle n'avait plus la force de se relever. Elle lâchait prise, s'enfuyait loin de ce corps fiévreux. Et puis la sensation la rattrappa, la fit revenir à l'intérieur, non, je ne veux pas, laisse-moi, pourquoi ? Des étoiles noires l'éblouissaient, masquaient sa vision, l'enveloppaient et refusaient de la libérer. Elle ne voyait rien qu'un brouillard sombre, opaque et inaccessible à tout lumière. De loin, de très loin, il y avait la voix qui disait quelque chose, elle n'entendait pas vraiment quoi. La voix de Samuel, cette voix qui s'adressait d'ordinaire si différemment à elle, d'un ton moqueur, charmeur, suave. Ce soir, tout cela s'était transformé, ce n'était plus exactement pareil. Il y avait de la douceur, une douceu sincère. La jeune fille n'avait pas comprit. Elle sentit passer quelque chose dans ses prunelles, oui, c'était le regard du jeune homme qui se mêlait au sien, qui l'enlaçait pour la faire revenir un peu plus. Celui de la danseuse n'osait rien exprimer, de peur de rester un peu trop vivante. Maman, maman, moi aussi je veux aller avec toi. Ses lèvres avaient formé le mot, avait appelé à voix basse, sa mère. Sa mère, qui, d'où elle était, ne pouvait plus l'entendre. A peine un murmure, presque imperceptible.

"Maman..."

Ses pupilles ne fixaient plus celles du jeune homme, ses yeux avaient abandonné la partie, tout comme ses jambes. Ses bras, seuls, avaient conservé leur grâce naturelle, et retenaient le haut de son corps, l'empêchaient de s'affaisser sur le sol froid de la Salle de Musique. Ils étaient plaqués contre le carrelage, dont la fraîcheur l'empêchait de se consumer. Confusément, elle sentait la présence de Samuel près d'elle, tout près d'elle, par la chaleur qui émanait de lui, par le souvenir de sa voix aussi, cette question à laquelle elle n'avait pas répondu. Pourquoi t'enfuis-tu ? Je ne m'enfuis pas tu sais, je...
Ses mains se tendirent vers celui qu'aveuglée elle ne voyait plus, se tendirent vers la chaleur qui émanait de lui et qui pouvait réchauffer l'adolescente, glacée à présent. La fièvre faisait son effet, alternant le feu et la glace. La glace. L'instinct de survie repoussait le froid, cherchait une source de réconfort, se raccrochait au corps humain qui avait surgi à côté d'elle. Elle sentit quelque chose sur son épaule. Le contact l'électrisa, donnant une impulsion à ses sens et à ses membres. Elle battit des paupières, discerna un visage, Samuel Johnson, elle le connaissait, oui, c'était lui qui avait parlé. Et à présent, sa main sur sa peau. La vue revenait, le toucher suivait. Elle reprenait peu à peu conscience du décor, de l'endroit où elle se trouvait. L'ouïe se réveilla, s'accrochant au murmure du jeune homme pour sortir du puit sans fond où elle était tombée.

"Elena.. Qu'es-ce qui s'est passé ?"

Elena. Cette manière de l'appeler. Les trois syllabes, prononcées avec douceur, avec une sorte de crainte, je ne vais pas me briser tu sais, avait-elle coutume de dire en riant à Anshula. La manière dont son prénom avait été chuchotée ne lui évoqua qu'un mot : Protection. Peu importait qui le prononçait ainsi, s'il y avait une personne c'était déjà bien assez, n'est-ce pas ?
Elle ouvrit la bouche pour répondre, sa voix refusa de sortir d'entre ses lèvres. De toute façon, qu'aurait-elle pu dire ? Maman est morte. Elle ne pouvait prononcer cela, ne connaissez-vous pas le pouvoir des mots ? Ils rendent la réalité plus palpable, une impression dite est une impression officialisée, un "je t'aime" avoué rend toujours le sentiment tellement plus affolant. Elle ne pouvait pas confirmer par le Verbe. Non, elle se tairait, et puis comment le dire ? Les larmes ne coulaient pas, pas encore. En un élan qu'elle ne contrôla pas vraiment, elle redressa son buste et posa sa joue rouge de fièvre contre l'épaule offerte du Nasteen. Sans l'agripper de ses mains, son corps entier semblait signifier : Ne t'éloigne pas. Reste, juste un peu.
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MessageSujet: Re: Loss   Lun 23 Juin - 10:31

    Samuel, près de la jeune fille, sentait une aura qui émanait du corps tout entier de celle-ci. Et cette sensation était loin d'être bonne. Le Nasteen sentait de la tristesse ou plutôt.. le chaos. Tout en Elena semblait tomber dans un gouffre immense. Le regard de la jeune Cohary n'était pas comme d'habitude, Samuel le voyait parfaitement. Gardant le silence, pour ne pas brusquer la jeune fille, il attendait. Pas forcément une réaction, car Elena tremblait, convulsée légèrement, tout ça il le voyait. Il attendait plus une parole, ou un geste précis de la jeune fille. Mais rien. Elle sembla juste de rendre compte de sa présence. Bon sang, que c'était-il passé pour qu'elle soit dans cet état ? Le Nasteen était de plus en plus inquiet.

    De plus, Elena restait silencieuse à ses questions. Samuel pouvait le comprendre, mais quand même, il aurai tant voulu ne serait-ce qu'entendre une syllabe de la jeune fille.. Comme s'il voulait se rassurer. Mais au lieu de ça, Elena se rapprocha de lui et posa sa joue sur son épaule. Soupirant très doucement, Samuel se fit une raison. Peut-être ne pouvait-elle pas parler ? Qu'importe. Dans un élan voulu, Samuel entoura Elena de ses grands bras fins et la colla un peu plus contre lui. Etre doux, il ne pouvait faire que ça, pour calmer ce noir qui prenait possession de son amie. C'est alors que le 6eme année se rendit compte qu'elle était brulante. Mince, si elle commençait à avoir de la fièvre, ce n'était pas bon. Samuel lui, avait la particularité d'avoir toujours les mains froides. Alors, être lenteur, il fit glisser une de ses mains sur la joue droite de Elena. Il la gardait près d'elle, mais un peu de fraîcheur ne pouvait que lui faire du bien non ?

    Pour tout vous avouer, le Nasteen ne savait pas vraiment quoi faire. Tant qu'Elena garderai son silence, il se contenterai d'être doux, comme il avait pu l'être avec elle, dans leurs moments seul à seul. Respirant avec lenteur et discrétion, Samuel ferma ses yeux derrière ses lunettes. Elle avait besoin de lui, et il ne comptait pas la laisser seule. Alors, dans un murmure presque amoureux, il lui susurra à l'oreille:


" Je suis là. Ne t'inquiète pas . "
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MessageSujet: Re: Loss   Jeu 26 Juin - 22:50

Elena sentit confusément les bras fins de Samuel l'entourer, l'attirer un peu plus contre lui. Elle abaissa ses paupières, sentant le liquide lacrymal envahir le bas de ses yeux. Détachement, un rien d'interrogation, comme si elle se voyait de là-bas, à l'autre bout de la pièce, frêle silhouette entre les bras d'un jeune homme brun.
La salle était grande, belle, non : majestueuse plutôt. Un grand piano, une porte au fond, de grandes fenêtres toutes en hauteur. Un carrelage froid, des dalles ternes, l'écho à peine esquissé de quelques notes de musiques joués plus tôt, dehors la nuit. Et, à l'intérieur, le silence, hormis deux respirations et un chuchotis de tissus froissés. Contre le torse du garçon, la fille se pressait un peu. Il y avait bien ses larmes qui s'accrochaient à ses cils pour ne pas couler, pour ne pas souiller les joues dorées de la danseuse. Combien de temps s'était écoulé depuis la dernière fois qu'elle avait pleuré ? Elle était encore toute enfant. Mais la cause lui échappait. Comme elle avait changé... Ses cheveux étaient plus long, sa peau plus douce, son corps plus alangui. Elle ne paraissait pas plus mature, juste changée. Elle ressemblait à sa mère, avec sa chevelure de soie noire, avec ses yeux sombres soulignés de khôl, et sa grâce indolente. Oui, elle ressemblait à la défunte, Anshula l'Indienne, la morte.
Elena eut l'impression de revenir à elle, voyant de nouveau la scène par ses yeux et non de l'extérieur. Les couleurs sombres de ses paupières closes, appuyées sur l'épaule du jeune homme. Elle se redressa, assez pour entendre la bouche de Samuel chuchoter quelques mots à son oreille.

"Je suis là. Ne t'inquiète pas."

La jeune fille sentit soudain une caresse fraîche sur sa joue encore dénuée des sillons formés par les larmes. Surprise, elle eut un sursaut, puis elle se détendit. C'était les doigts, puis la main du Nasteen, qui effleurait sa peau. Un soupir s'échappa d'entre ses lèvres.
Le corps reprit ses droits, comme rendu à la vie, à la vraie vie. Les bras de la danseuse s'élevèrent, hésitèrent, passèrent sur les épaules de son ami, glissèrent autour de son cou. Enlacer n'aurait pas été le mot juste, pour ce qu'elle venait de faire. Même si la douceur y était, la tendresse manquait. C'était juste un besoin impérieux, chaleur et fraîcheur mêlées, douceur et protection, elle venait chercher tout cela contre celui qu'elle avait si souvent repoussé sans y prendre vraiment garde. Ses mains, dans le dos de l'ami, cherchèrent une ouverture dans le tissu, la trouvèrent, s'y glissèrent. Oh, à peine le bout des doigts. Que cherchait-elle ? Un contact, n'importe lequel. Un réconfort peut-être, même infime. Le corps qui reprenait ses droits signifiait aussi les paupières qui refusaient de tout contenir. Une larme roula, l'insolente, sur la joue d'Elena.
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MessageSujet: Re: Loss   Lun 30 Juin - 12:27

    Silencieux, Samuel observait du coin de l'œil Elena. L'état de la jeune Indienne ne semblait pas s'améliorer, ce qui fit légèrement grimacer le Nasteen. Que pouvait-il bien faire ? Puis enfin, elle se décida à bouger un petit peu. Samuel fut surpris de voir et de sentir les bras de son amie entourer son cou puis chercher une feinte à travers son tee-shirt. Oui, Elena tombait rarement dans ses petits jeux. Mais là, il n'était pas question de ça. Son amie lui rappelait son enfance, une fois où Samuel s'était accroché au cou de sa mère étant désemparé. Il s'était accroché, comme pour ne pas sombrer. Samuel ressentait ça dans le geste de la jeune fille, un besoin de s'accrocher à quelque chose de plus ou moins solide. D'éviter de tomber dans un néant invisible à l'œil mais existant.

    Et Samuel prit la décision d'assumer ce rôle. Elena et lui se trouvaient toujours par terre près de la porte. Ce n'était pas un très bon endroit. Alors, avec un geste d'une douceur innée, le Nasteen passa un de ses bras autour de la taille de la jeune Indienne et un autre sous les genoux de celle-ci. La faisant basculer légèrement en arrière, mais tout en prenant soin qu'elle n'est pas besoin de lâcher son étreinte autour du cou du 6eme année, il se leva avec lenteur en portant Elena comme une princesse. La jeune fille était légèrement. C'était une impression que donnait ses longs vêtements en tissus, cette fameuse grâce. Mais maintenant qu'il la portait, Samuel pouvait confirmer la légèreté de la jeune fille.

    Dans la salle de musique se trouvait un fauteuil. S'avançant vers l'objet, le Nasteen s'y assit tout en gardant son amie dans ses bras. Il n'était pas question qu'il la lâche. Elle semblait bien dans ses bras. Et lui, avait l'impression de servir à quelque chose ainsi. Relâchant un peu son étreinte, il posa délicatement Elena sur ses jambes. Elle était maintenant à moitié assise sur lui. Tournant son visage vers celui de la jeune fille, Samuel observa ces traces transparentes gisants sur les joues de la belle Indienne. Passant son doigts sous l'œil de Elena, Samuel effaça le khôl de la jeune fille qui avait un peu coulé. Affichant un air serein, le Nasteen souriait légèrement. Il devait sourire, car montrer un visage fermé à Elena ne l'aiderai en rien. Se rapprochant doucement de la jeune fille, Samuel baisa avec douceur la joue de son amie, goûtant aux larmes salées qui coulaient sur celle-ci. C'était un geste tendre, voulant rassuré l'Indienne. S'écartant légèrement, le Nasteen replaça de ses doigts une mèche de la jeune fille lui tombant sur les yeux, et il lui murmura doucement:


" Elena.. "
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MessageSujet: Re: Loss   Sam 5 Juil - 15:46

La chaleur d'un corps. Incomparable douceur que celle de la protection d'un être, fût-il le plus vil, le plus antipathique qui soit. Elena avait tant et tant repoussé les avances charmeuses et malicieuses de Samuel qu'elle s'était habituée à sa présence près d'elle, tout en trouvant cette présence incongrue sans vraiment savoir pourquoi. Être courtisée n'était pas ce à quoi elle aspirait, non, jamais, mais, elle-même admiratrice de la beauté, elle aimait voir l'appréciation dans les yeux du Nasteen. Car son apparence à lui était un joyaux que l'Indienne avait su reconnaître, le repoussant cependant sans raison consciente. A bien y réfléchir, sans doute était-ce à cause de l'affiliation vampire du jeune homme, qui pouvait mettre mal à l'aise... Même si, avis de la narratrice entre parenthèse, le succès de Sam ne permet pas d'avancer cette hypothèse ! Reprenons.
Les tremblements convulsifs d'Elena s'apaisaient peu à peu, et son corps, qui était passé de brûlant à glacé, se stabilisait lentement au contact de celui de Samuel. Le bout de ses doigts, appliqués sur la peau blanche du dos du jeune homme, maintenait le contact et, tout d'abord particulièrement crispés, se détendaient au fur et à mesure que l'étreinte s'éternisait.

Soudain, elle sentit que l'adolescent se mettait en mouvement, se levait, modifiait sa position. Ne pars pas ! Les yeux sombres d'Elena s'ouvrirent brusquement, panique : ne pas se retrouver seule, pas maintenant, pas alors que celle qui l'avait mise au monde était morte. Elle se raccrocha violemment aux épaules de Samuel, mais compris aussitôt son erreur. Il se levait, la redressait, l'emportait avec lui. Elle se sentit quitter le sol, mais demeurer dans les bras de son ami. Il la portait. Elle sentit un vague de confiance l'envahir, la réparant de l'intérieur, rétablissant la douceur sur son passage. Elle ferma les yeux, se laissa faire, détendant chaque muscle de son corps. Ses bras noués autour du cou du jeune Johnson, elle laissa ses paupières se fermer, appuya sa tête contre l'épaule qui roulait légèrement alors qu'il avançait en la tenant contre lui. Ce mot, sécurité. Soulagées, les larmes ne s'en faisaient plus et roulaient, lentement, le long des joues, du menton, du cou de la jeune fille. Elle les laissait faire.
Au bout de quelques longues secondes, elle sentit un nouveau mouvement : Samuel s'asseyait, probablement dans ce fauteuil au fond de la salle, et la laissait sur ses genoux. Sans force, elle s'affaissa, et son front reposa contre le torse de son protecteur. Les battements de son coeur, lui était en vie. On lui redressait la tête. Elle sentit sur son visage le regard du jeune homme, puis son doigt. Elle ouvrit les yeux, et ses prunelles éteintes cherchèrent celles du jeune Nasteen, sans succès. Comme fatiguées, ses prunelles ne parvenaient pas à se fixer, à regarder vraiment. Sans combattre, elle les referma, emportant cependant la fugitive vision d'un sourire apaisant. Après le doigt du jeune homme, une nouvelle sensation effleura sa joue : les lèvres de Samuel embrassaient une larme qui s'enfuyait, et qui, finalement, leur rendait leur baiser. Elle sentit un long frisson la parcourir. Inconsciemment ou non, elle savait que jamais il ne s'était permis un tel geste avec elle. Elle ouvrit les yeux, et cette fois, le regard étonné parvint à se plonger dans celui, tendre, rassurant, de l'adolescent. Y lisant la volonté de l'apaiser, elle laissa un mince sourire, non dépourvu de tristesse, naître sur ses lèvres, tandis que la main longue et blanche replaçait une mèche sombre derrière l'oreille d'Elena. Elle l'entendit murmurer son prénom, de cette voix basse et douce qu'elle appréciait.
Je fuis dans un jardin, un jardin étrange, mais retiens-moi par la main... Lui la retenait. Ses lèvres s'entrouvrirent, voulurent prononcer une formule de remerciement. Sa voix refusa, comme précédemment, de produire un son, et seule sa bouche forma le mot. Il put y lire, juste, Merci. Elle se redressa légèrement, et déposa à nouveau sa tête sur l'épaule de l'autre, mais, cette fois, son visage contre son cou. Sa respiration était plus calme à présent, et les larmes, comme effacées par le baiser, s'étaient arrêtées de couleur.
Elle vit une nouvelle fois l'image de sa mère devant ses yeux, et eut le sentiment que, cette fois, si elle avait voulu le dire à l'aîné des Johnson, sa voix ne l'aurait pas trahie. Mais elle refusa, quelque chose à l'intérieur l'en empêchait. Elle ne refusait plus d'y croire, non, c'était inexorable. Mais elle voyait encore cette image, le sourire d'Anshula... Oui, son sourire.
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MessageSujet: Re: Loss   Lun 14 Juil - 15:18

    Si proche physiquement de la jeune fille, Samuel sentit le frisson parcourir le corps de celle-ci au contact de ses simples lèvres sur sa joue. Cette réaction arracha un sourire amusé à l'esprit du Nasteen, mais il refusa d'afficher cet air sur son visage. Oui, pour le moment, il devait s'occuper de Elena. Mais Sam avait bien du mal à ne pas être satisfait que la belle Indienne réagisse enfin à une de ses avances. Et oui, c'est un peu triste à dire, mais même dans ce genre de moment, Samuel reste lui-même. Enfin, je souligne tout de même l'effort qu'il fait pour rester neutre. C'est donc avec ce simple sourire qu'il accueille le regard étonné de son amie au plus profond de son regard sombre. Un certaine malice se dessinait aux creux de ses pupilles. Mais bon, rien de très notable.

    Elena se mit enfin à sourire, très très légèrement. Mais Samuel remarqua cette nuance. Le rythme cardiaque de la jeune fille se tranquillisait petit à petit ; il le sentait. A son tour, le Nasteen commença à être un peu soulagé. Allait-elle mieux ? Comptait-elle lui parler ? Malgrès leur amitié, Elena ne se confiait pas spécialement à Samuel. Le garçon donc ne s'attendait pas à de quelconques explications de la jeune fille. Il était le premier à le dire: nous avons tous nos secrets qu'on ne veut point divulguer. Et pourtant, la jeune Indienne entrouvrit avec délicatesse ses fines lèvres. Sam ne fut pas étonné de n'entendre aucun son sortir. Elle semblait avoir reçu un tel choc que le contraire aurai presque étonné le 6eme année. Lisant le mot " Merci ", le sourire de Samuel s'agrandit sur ses lèvres à lui. Au fond, il se fichait qu'elle le remercie ou pas. Il ne l'avait pas pris dans ses bras parce qu'elle lui avait demandé, mais par simple geste du devoir. On ne laisse pas une personne comme ça, sur un sol gelé, à moitié en train de sombrer. C'était un fait. Mais Samuel savait aussi qu'il avait pris soin de Elena avec plus d'attention car elle n'était pas n'importe qui pour lui. Une amie. Vous savez, ce genre de lien qui lie deux personnes sont souvent un minimum fort, solide. Et même si il avait un caractère solitaire, Samuel avait toujours beaucoup apprécié la compagnie de la belle Indienne. Elle, qui aimait tant rêvé et qui
    partager de temps en temps ses rêveries avec le Nasteen, avait le don de faire à son tour rêver Samuel. Lui si terre à terre.

    En réponse tout de même à ce Merci, le 6eme année resserra son étreinte au niveau de la taille de la jeune fille. Comme si il ne la serrait pas assez ! Si ça continuez, je crois que Elena étoufferai. Mais Samuel restait extrêmement doux. Pourquoi vouloir briser un si jolie corps ? Mais le Nasteen avait pris une décision. Oui, Elena avait besoin de douceur. Mais le trop plein de tendresse pouvait parfois amener à sombrer. Oui. Il voulait tout de même faire réagir la jeune fille, l'obligée à se relever. Si Elena restait dans cet état second, que se passerait-il ? Alors, Samuel s'écarta légèrement de la jeune Indienne. Avec soin, il la déposa sur le fauteuil, et se leva. Faisant volte face pour être de façon à plonger son regard sombre dans celui de Elena, Samuel se pencha vers la jeune fille, en lui tendant la main. Elle devait se lever d'elle même, réagir. Pour son propre bonheur. Samuel n'était là que pour l'aider. Malheureusement, elle était obligée de faire le plus gros toute seule. Mais il était là, face à elle, lui offrant cette main si blanche et chaleureuse. Gardant le silence, une phrase de répétait dans l'esprit du Nasteen, et elle se reflétait dans son regard à l'adresse de l'Indienne.


* Elena.. Lève toi.. Tu en es capable. Je suis là. *
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MessageSujet: Re: Loss   Mer 16 Juil - 19:57

[ Attention, une référence s'est glissée dans ce post, retrouve-là ! Allez, c'est facile XD ]



Immobile, les yeux grands ouverts, Elena se souvenait. Des images lui revenaient, des cascades d'images, de sons, d'odeurs, de sensations. Des souvenirs qu'elle pensait avoir oublié depuis bien longtemps, des souvenirs dont elle n'avait jamais pensé qu'ils pourraient un jour la toucher aussi violemment et aussi cruellement. Elle voyait Anshula rire, et Julien lui prendre la main, elle les voyait heureux, elle les voyait vivants. La souffrance ne déformait plus son beau visage. Elle semblait paisible, à peine consciente de ce qui l'entourait. Elle sentit confusément la légère pression des bras de Samuel sur sa taille, n'eut aucune réaction. Perdue dans les méandres de sa mémoire... Je n'aurais jamais cru trouver un sens si réel à cette expression. D'autres couleurs, un autre souvenir. Un canapé profond et confortable, ses deux parents de part et d'autre d'elle, sa tante et son oncle en face d'eux. Des gâteaux apéritifs sur la table, des sourires, des plaisanteries. Anshula devant la nouvelle maison, en Angleterre. Anshula qui pleurait parfois, qui souriait rarement. Et puis Anshula radieuse lorsque sa fille avait enflammé le rideau par magie. Le feu sur le tissu, la chaleur qui en émanait, ou qui émanait du corps du Nasteen, Elena ne savait plus tellement. L'incendie ne tardait pas à s'éteindre et Samuel s'éloignait.
Il s'écartait. Rarement docile, l'Indienne se laissa pourtant faire avec une étonnante bonne grâce. Ou peut-être, tout simplement, une étonnante absence de réaction. Etonnante, à cause de la manière dont elle l'avait aggrippé, dont elle s'était accrochée à lui lorsqu'elle avait cru qu'il partait tout à l'heure. Mais elle ne chercha pas à résister, et le laissa se lever, s'écartant même légèrement pour ne pas gêner son mouvement. Et, lorsqu'il fut relevé, retomba dans son immobilité première. Un léger sourire naissait sur ses lèvres. Oh, à peine, n'allez pas vous imaginer l'apaisement parfait. Non, peut-être juste... Le soulagement de se rendre compte que les souvenirs n'étaient, eux, pas morts. De se rendre compte qu'elle pouvait continuer à vivre en chérissant la mémoire de sa mère.
C'était une sensation étrange que ce soulagement. C'était douloureux, empli de rancune envers celle qui l'éprouvait, car cela n'allait pas sans une certaine culpabilité. Continuer à vivre alors que celle qui le lui avait permis n'y avait plus droit.
Les yeux dans le vide, Elena tentait de réfléchir sans se laisser influencer par ce qu'elle ressentait, ce qui était exceptionnel pour elle. Nouvelle expérience. Nouvelle expérience aussi, ce coeur qui criait famine.
Afin de mieux goûter à la nouveauté de la chose - car il faut toujours goûter avant de dire si l'on aime ou pas -, elle fit papillonner ses paupières, comme au sortir d'un sommeil agité. Elle reprit conscience de la réalité environnante, et la première chose qu'elle vit fut cette main tendue. Une main blanche aux doigts longs et fins, une main qui n'était autre qu'une invite. Une invite à se lever, à laisser ses jambes porter son corps, à faire quelques pas, à redevenir danseuse. Car on n'est pas danseuse que sur un parquet, face à un miroir, non, on ne l'est pas que sur scène. On l'est partout où l'on va, quand on marche, quand on incline la tête, quand on sourit. Elena n'esquissa pas un geste. Peser le pour et le contre, tout simplement. Le pour : la vie, la danse. Le contre : la mort, l'immobilité de son ancienne danseuse de mère. Etait-ce une raison pour ne plus bouger ?
Fascination. C'est vrai qu'elle était belle, cette main, et gracieuse. Avez-vous jamais regardé les mains d'un garçon ? On y lit beaucoup de choses. Tentation. Se lever, sourire, ne pas rester prostrée là. Hésitation. Mais Anshula était morte. Sa mère. Celle en qui elle avait confiance. Maman...
La fascination et la tentation furent une fois de plus les plus fortes. Comme toujours, on ne trompe pas sa nature, n'est-ce pas ? Elena se redressa, gracieusement, et, même si son regard n'avait pas encore reprit toute sa lumière, elle semblait presque redevenir elle-même. Presque. Elle glissa sa main, le poignet délicieusement cassé, dans celle du jeune homme, comme pour répondre à une invitation à la danse. Et, sans s'appuyer trop sur la main offerte, elle se leva.
Il était bon de voir le monde d'en haut, finalement, n'est-ce pas ? Elle écarta une mèche brune qui venait de glisser sur son épaule, et plongea son regard dans celui, d'un noir rougeâtre, de Samuel. Un mince sourire étira ses lèvres, lorsqu'elle y lut ce qu'elle avait cru deviner dans la main tendue. Le masque impassible se teinta de reconnaissance, une reconnaissance timide tout d'abord. Il était le seul à l'avoir vu dans un tel état de faiblesse. Puis, comme elle ne voyait aucune malveillance dans ses prunelles, le sourire devint moins figé. Oui, elle s'était levée. Mais s'il n'avait pas été là ? Elle préféra penser qu'elle se serait relevée tout de même, relevée du carrelage froid où il était venu la chercher.
La jeune fille brune tenta un pas, deux, sans quitter la main du Nasteen, et constata avec soulagement que ses jambes acceptaient de la porter. Bien sûr, elle tremblait un peu, mais elle marchait. Il y avait toujours, imprimée sur sa rétine, l'image d'Anshula.
La vivante prenait le dessus, peu à peu.
Elle se retourna, hésita à nouveau, juste un peu, et s'approcha du jeune Johnson. Elle se haussa sur la pointe des pieds - il était un peu plus grand qu'elle - et dit à l'oreille de son ami, à voix basse comme pour accentuer les quelques mots :

"Tu ne... Diras rien ?"

Le silence se glissa entre ses lèvres, le temps du choix de ce qu'elle allait dire, puis, avec une mauvaise grâce dûe sans doute au manque d'habitude, elle dit encore :

"Merci, pour tout ça."

Elle déposa un baiser sur la joue pâle, un peu trop près des lèvres peut-être, elle ne s'était pas rendue compte. Elle se recula, sourit, et ses doigts libérèrent sa main de celle du descendant des vampires. Ce sourire-là était sans doute un peu tremblant. Puis elle fit volte-face et se dirigea vers la porte, le coeur battant de honte. Non, pas de honte. Ca, c'était faux, c'était ce que sa tête se disait. Si son coeur battait si fort, c'était parce qu'elle avait du chagrin. Elle posa une main sur la poignée de la porte, se retourna vers Samuel, comme si elle allait dire quelque chose. Puis elle se ravisa, resta pourtant là. Devait-elle dire quelque chose de plus ?
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MessageSujet: Re: Loss   Sam 26 Juil - 20:05

    Un silence un peu plus pesant c'était installé entre les deux adolescents. Samuel, main tendu vers Elena, attendait patiemment que la jeune fille se réveille, qu'elle s'élève. De la patience, c'est ce dont le Nasteen offrait à son amie. Il ne fallait pas la brusquer, ne pas l'effrayer d'une certaine façon. Après tout, elle devait être en confiance pour prendre cette main que Sam lui tendait. Même si au final, elle serai seule à faire l'effort physique de se lever. Mais elle sentirai tout de même la douce chaleur de la main du ténébreux, lui qui avait pourtant d'habitude la peau si glacée. Peut-être que aujourd'hui, la chaleur de son corps s'est réchauffé juste pour soutenir sa belle amie Indienne ? Qui sait.

    Passons. C'est avec un sourire franc que Samuel accueille Elena maintenant à sa hauteur et plus près de lui. Elle s'était à peine aidée de cette main qu'il lui avait tendu. Un point positif ? Le Nasteen préférait prendre l'acte sous cette forme. Il admirait la force d'Elena à ce moment précis. Et intérieurement il s'excusait, d'avoir si souvent pensé que la jeune fille était bien trop fragile à son goût. Il plongea son regard sombre dans celui de l'Indienne. Elle semblait mieux, avoir moins de mal à dresser ce petit sourire sur ses lèvres, même si le geste n'était pas encore machinal. Sam lui gardait ce sourire presque malicieux sur son visage. Elle allait mieux, c'est tout ce qui importé n'est-ce pas ? Elena tenta même de sa propre volonté à faire quelques pas. Samuel, tout en gardant avec douceur la main de la jeune fille au creux de sa pomme, s'écarta légèrement, comme une invitation à danser. Seulement, il lui laissait juste l'espace nécessaire à ce qu'elle puisse avancer avec sa grâce naturelle.

    Silencieux, Samuel la regardait. Oui, pour une fois, il considérait vraiment Elena comme une femme. Elle n'était plus une jeune fille de Cohary de 16ans, non. Elle venait de lui prouver qu'elle pouvait être une femme forte, capable de bien des prouesses dans un moment pourtant si.. critique ? Le Nasteen était toujours inconscient de la mort de la mère de son amie, mais la gravité de la situation lui a fais penser à un évènement tout aussi tragique.
    Alors que le regard du ténébreux c'était posé sur les jambes de la jeune fille, veillant à ce qu'elles ne flanchent pas, il fut surpris de voir le corps d'Elena se rapprocher. Relevant légèrement la tête, il observa la jeune fille s'avancer si tranquillement vers lui. Gardant ce regard sur son visage, il trouva ça très amusant de la voir se dresser sur ses deux pieds pour juste lui murmurer quelques mots à l'oreille. Au fond, il s'attendait à mieux. Fermant doucement son regard, si Sam avait été comme les autres gars de Malwen, il lui aurai répondu avec simplicité " Bien sur que je ne dirais rien ! " mais il resta muet. Ne relevant pas ses cils, il apprécia le doux baiser de la belle Indienne au coin de ses lèvres. Et il la laissa s'écarter ainsi. Ses doigts se retrouvèrent seuls maintenant. Quel drôle de sensation. Ouvrant son regard sur la pièce, il ne put s'empêcher d'observer Elena de dos, puis se retourner vers lui. Oui, Samuel n'était pas comme les autres, et il savait le prouver.

    D'un geste très rapide, il se retrouva tout près de Elena. Posant sa main sur la poignet de la porte et donc sur la main de l'Indienne, Samuel l'empêcha donc de sortir tout de suite. Plongeant son regard dans celui de la jeune fille, le 6eme année attrapa de sa main libre le menton de la Cohary et l'inclina légèrement vers le haut. Samuel alors se pencha et déposa avec douceur ses lèvres sur celle de Elena. Hum, comme il l'avait toujours imaginé, elle avait les lèvres très douces. Le baiser fut court et simple. Samuel n'avait pas voulu aller plus loin, comme il en était capable dans ses moments de folies. Son désir avait juste été un prétexte depuis tout ce temps pour embrasser la jeune Indienne. S'écartant tranquillement en gardant le menton de la Cohary entre ses mains, Samuel sourit et lui dit d'une voix calme mais sur un ton malicieux:


" Voilà ce que je désirais en échange de mon silence. J'espère que tu ne m'en veux pas trop Elena. "


    Dans un vague soupir, Samuel s'écarta complètement de la jeune fille. Gardant juste sa main sur la poignet, il appuya sur celle-ci. Ouvrant la porte, il enleva les doigts d'Elena de la poignet et laissa place à la jeune fille pour qu'elle puisse sortir en toute liberté. Oui, Samuel était galant, même après avoir volé un baiser à une amie ! Observant la jeune Indienne d'un air presque joueur, le ténébreux avait autre chose en tête. Il avait presque envi de murmurer une autre phrase à la jeune fille. Il aurai voulu lui dire d'un air protecteur " Fais attention à toi ". Mais il se ravisa pour cette fois. Il gardait peut-être ces quelques mots pour une futur occasion ? Qui sait.

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MessageSujet: Re: Loss   Sam 27 Sep - 17:11

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La main, la main d'ordinaire si froide de Samuel dont la tiédeur semblait à présent si douce, les doigts qui serraient ceux d'Elena, la vivacité avec laquelle il était venu vers elle. La jeune Indienne leva les yeux vers lui, comme fascinée par la proximité dont elle prenait peu à peu conscience, cette proximité qui la troublait plus qu'il n'était raisonnable dans un tel moment. Immobile, elle ne sentit pas le mouvement venir et oublia de résister lorsqu'il prit son menton entre ses doigts pour lever la tête brune vers lui. Comment aurait-il été possible de ne pas se laisser faire ? La danseuse était capable de résister à beaucoup de chose, mais ni au plaisir, ni à la beauté. Je vénère la beauté... Et tu es la beauté même. Même si elle l'avait voulu - et cette supposition était imbécile -, elle aurait été incapable de le repousser - son corps reconnaissait pour elle la grâce des êtres. Elle ne détourna pas les yeux, laissant le jeune vampire fouiller son regard de ses prunelles rouge sombre. L'abandon guettait, prêt à bondir dès le premier contact.
Le premier contact. Celui des lèvres, qui parurent brûlantes à la jeune fille. Elle aurait sans doute pu bien des choses. Plaquer des mains sur son torse, le repousser, se dégager, quitter la pièce. L'enlacer, répondre à son baiser, demeurer dans ses bras longtemps, longtemps. Mais non. Juste, l'immobilité et la passivité d'un pantin - un pantin à la peau douce et brune. Ne cherchant pas à prolonger l'instant, elle le laissa rompre le baiser, le regarda avec une sorte de détachement s'éloigner. Son corps semblait, étrangement, indifférent à la brûlure qui venait de lui être infligée. Elle ne s'attendait pas à ce silence de la part de ses sens toujours hurlants, et ne s'y serait jamais attendue. Comme surprise, elle demeurait recueillie à l'intérieur d'elle-même, savourant cette absence qui lui avait longtemps été étrangère. Etait-ce à cause de la mort d'Anshula ? Non. Non, peut-être pas. L'incertitude devenait sa principale maîtresse, et pourtant le délice de s'en remettre à l'Inconnu ne parvenait pas à forcer le barrage, à l'inonder. Elle attendit, simplement, que le barrage s'effondre.

Il s'effondra lorsque le dernier contact entre la peau tiède de Samuel et celle, trop fraîche, d'Elena, se rompit. La délicieuse tiédeur s'évanouit alors que le Nasteen s'éloignait tout à fait, rendant sa liberté à la jeune fille, la laissant partir. Partir ? Si elle en avait envie. Mais si elle n'en avait pas envie ? Une hâte, un désir l'envahit dès que leurs peaux ne furent plus l'une près de l'autre. L'envie, simplement, de renouveller ce toucher qui lui avait été si doux, si cher. D'un seul élan, elle s'avança vers lui, vive, les yeux sombres fixés sur cet adolescent dont la beauté était renommée. Bientôt, elle fut juste là, près de lui, assez près pour sentir son odeur, pour sentir la chaleur presque humaine qui se dégageait de lui. Cette chaleur était bien suffisante pour elle. Son bras se leva à nouveau, hésitant et pourtant pressé, et, comme fasciné par les traits que lisaient le bout de ses doigts, elle caressa les pommettes minces, les lèvres fines. Elle aurait voulu que cela ne s'arrête jamais. Enfin, comme si cela ne lui suffisait plus, elle monta sur la pointe des pieds et, presque tendrement, reprit le baiser qui lui avait été dérobé.
Elle ferma les yeux, faisant glisser sa main sur le cou si blanc, contrasté avec le satin doré de la peau de l'Indienne, laissant le plaisir de ce simple contact affoler ses sens.
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